3 300 mètres, un nom qui n'inspire pas confiance et une réputation de purgatoire. En vrai, c'est une des plus belles routes du pays, à condition de partir tôt.
L'essentiel
- Le Cerro de la Muerte est le point culminant de la Panaméricaine, à environ 3 335 m, sur la route 2 entre Cartago et San Isidro del General.
- Le vrai danger, c'est le brouillard : on passe le col le matin, avant qu'il ne monte.
- Au sommet, il fait entre 1 et 13 °C : polaire, gants chauds et vêtements de pluie à portée de main.
- En saison des pluies, la route peut être coupée par un éboulement : vérifiez son état avant de partir.

Sur la carte, c'est un simple col de la Panaméricaine. Dans les conversations, c'est une légende noire. En réalité, le Cerro de la Muerte est l'un des plus beaux passages du Costa Rica à moto, et la porte d'entrée du sud sauvage. Voici comment le franchir sereinement, à quelle heure, avec quel équipement, et ce qui vous attend de l'autre côté.
Pourquoi « la Muerte » ?
Avant la route, la traversée de la cordillère de Talamanca se faisait à pied ou à cheval. Les pionniers qui descendaient vers la vallée du General mettaient quatre à cinq jours, sans abri, dans le froid et l'humidité des hauts plateaux. Beaucoup n'y ont pas survécu, et la montagne a gardé ce nom.
Au début du XXe siècle, des refuges ont été construits le long du chemin pour que les voyageurs puissent s'y mettre à l'abri ; l'un d'eux s'appelait justement La Muerte. Aujourd'hui, la route 2, la Panaméricaine, est asphaltée et jalonnée de petits restaurants de bord de route. Le nom, lui, est resté, et il fait toujours son effet à l'heure de l'apéritif.
Ce qui rend le col difficile, et ce qui ne l'est pas
La pente n'est pas un problème : la route monte régulièrement, et une moto moderne la gravit sans effort. Le revêtement est correct sur l'essentiel du parcours, avec quelques portions refaites après les éboulements.
La vraie difficulté, c'est le brouillard. Au fil de la matinée, les nuages remontent des deux versants et finissent par s'accrocher aux crêtes. La visibilité peut alors tomber à quelques dizaines de mètres, l'humidité rend le bitume glissant, et les camions qui montent au pas apparaissent au dernier moment.
Deuxième difficulté : le froid. On quitte la vallée centrale par 25 °C et l'on se retrouve au sommet entre 1 et 13 °C selon l'heure et le temps, souvent dans l'humidité. Chaque année, des voyageurs font la montée avec une simple veste d'été et le regrettent. Une couche chaude sous la veste et une vraie paire de gants changent complètement l'expérience.
Troisième point : la circulation. La route 2 est l'axe principal entre la vallée centrale et le sud du pays, et les poids lourds y sont nombreux. Restez patient, gardez vos distances et ne doublez jamais dans le brouillard.
Enfin, la saison des pluies apporte son lot d'éboulements. La route est parfois fermée à titre préventif après de fortes pluies, le temps de dégager la chaussée. Un coup d'œil à l'état des routes avant le départ évite les mauvaises surprises.
À quelle heure passer le Cerro de la Muerte ?
Le matin, toujours. Partir de San José entre 6 h et 6 h 30 permet d'être au sommet avant que les nuages ne s'installent. En saison sèche, de décembre à avril, le ciel reste souvent dégagé plus longtemps. En saison verte, les matinées sont en général claires et les averses arrivent l'après-midi. Dans les deux cas, le principe est le même : le col se passe tôt.
Le Cerro de la Muerte est au programme de plusieurs de nos tours, et on le passe toujours le matin. Découvrir le Tour du Sud
Comment s'équiper pour le col
- Une polaire ou une doudoune fine sous la veste, à retirer dans la descente.
- Des gants chauds, en plus des gants d'été pour le reste du voyage.
- Une tenue de pluie rangée en haut du sac, accessible sans tout défaire.
- Un écran de casque propre, idéalement avec un film anti-buée.
- Les feux allumés et un vêtement réfléchissant : obligatoires au Costa Rica, et précieux dans le brouillard.
- Le plein fait avant d'attaquer la montée.
Si vous n'avez pas votre équipement, casque, gants, veste et vêtements de pluie sont disponibles en option, à 15 $ par jour. Seules les bottes sont à apporter.
La récompense : la forêt de nuages et la descente vers le Pacifique
Par temps clair, on roule au-dessus d'une mer de nuages, au milieu d'une végétation qu'on ne s'attend pas à trouver sous les tropiques : des chênes couverts de mousse et, sur les hauteurs, le páramo, une lande d'altitude rare en Amérique centrale. Le parc national Los Quetzales borde la route. Tout près, la vallée de San Gerardo de Dota est l'un des meilleurs endroits du pays pour apercevoir le quetzal resplendissant, l'oiseau sacré des Mayas.

Puis vient la descente vers la vallée du General et San Isidro : une longue suite de virages, une température qui remonte à vue d'œil et une végétation qui passe de la mousse aux bananiers. C'est l'un des plus beaux tronçons de route du pays, et une excellente entrée en matière pour le sud : la péninsule d'Osa, le Golfo Dulce et la Costanera.
En pratique
- Distance : de San José à San Isidro del General, comptez environ 140 km et trois heures de route sans les pauses.
- Départ conseillé : entre 6 h et 6 h 30 depuis San José.
- Altitude maximale : environ 3 335 m, le point le plus haut de toute la Panaméricaine.
- Pause : les petits restaurants de bord de route servent un café chaud, bienvenu au sommet.
- À éviter : la montée en fin d'après-midi, et les dépassements dans le brouillard.



